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 GENÈVE - Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des
droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones, James Anaya, a exprimé «sa profonde inquiétude quant aux expulsions forcées et la destruction de maisons subies par les communautés Naso de San San et San San Drury, dans Changuinola, province de Bocas del Toro du Panama, le 20 novembre 2009 " 
 
Selon des informations fiables, le 20 Novembre 2009, environ 150 policiers
anti-émeute ont expulsés avec des gaz lacrymogènes, plus de 200 autochtones Naso qui vivent dans les communautés de San San et San San Drury.  Après avoir délogé les autochtones, des employés de l'entreprise d’élevage « Élevage Bocas » ont  pénétré dans la zone et avec l’aide de machines  ont démoli les maisons des populations autochtones expulsées.

La société réclame la zone d'évacuation pour leurs activités d'élevage, elle se basé sur un supposé titre qui lui aurait été octroyé par l’Etat, alors que lescommunautés Naso qui ont toujours vécu sur ces terres réclament la propriété et fondent  leur demande sur le régime foncier traditionnel.  Le Naso ont commencé leurs revendications territoriales depuis les années soixante-dix,  ils demandent la création de leur propre région, sur leurs terres
traditionnelles.  Malgré le temps écoulé, à ce jour, les Naso n'ont pas la
reconnaissance légale de leurs terres traditionnelles. 

"Je lance un appel aux autorités du Panama et du peuple Naso de trouver des moyens de dialogue et de compréhension fondées sur le respect des droits de l'homme", a déclaré l'expert de l'ONU.  "En particulier, j'exhorte le
gouvernement à reprendre immédiatement le processus de dialogue avec les autochtones  Naso concernés  et à  parvenir à la solution pacifique de cette situation." 
 
De même, le Rapporteur spécial prie instamment les autorités judiciaires
compétentes de prendre des mesures pour clarifier les faits de l'expulsion,  sanctionner les responsables de toute violation des droits des communautés
affectées, et de réparer les dommages causés aux victimes, y compris une
indemnisation.

À cet égard, le Rapporteur spécial souligne que l'article 10 de la
Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones  établi que «  Les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs terres ou
Territoires. Aucune réinstallation ne peut avoir lieu sans le consentement préalable – donné librement et en connaissance de cause – des peuples autochtones concernés et un accord sur une indemnisation juste et équitable et, lorsque cela est possible, la faculté de retour ».

La situation actuelle est aggravée par l'éviction précédente de membres de
la communauté et San San et San San Drury, en Mars et avril de cette année.
Le 23 avril 2009, le Rapporteur spécial a adressé un appel urgent au
Gouvernement du Panama, pour demander des éclaircissements sur les
circonstances des expulsions et des revendications territoriales de la Naso.
Il regrette de n'avoir pas reçu de réponse du gouvernement du Panama.

 www.ohchr.org/ - Novembre 25, 2009