Je suis citoyenne française, née à La Paz en Bolivie où, très tôt, je me suis engagée à œuvrer pour un monde juste et solidaire. Mes premiers engagements, alors que j’étais encore au lycée, je les ai eus au sein de la JEC. En entrant à la faculté de médecine, j’étais membre de la jeunesse de gauche. En 1971, j’ai participé à la première Assemblée Populaire en tant que déléguée de la jeunesse.
A la suite du coup d’État militaire du colonel H. Banzer en août 1971, toutes les universités ont été fermées en Bolivie. Je suis alors partie au Chili pour poursuivre mes études.
Je ne suis pas restée indifférente au processus démocratique chilien. Pendant quelques mois, j’ai travaillé dans le dispensaire "Ernesto Che Guevara » de la « poblacion Nueva Habana » dans la banlieue de Santiago.
En 1972, je suis retournée en Bolivie, où j’ai dû me résoudre à vivre dans la clandestinité. Il s’en est suivi une période de prison politique. Puis, après le Pérou, retour au Chili, quelques mois avant le coup d’État de Pinochet le 11 septembre 1973. Après le coup d’État, des milliers de citoyens chiliens et étrangers ont été cantonnés dans des prisons de fortune. Pour ma part, j'ai été détenue au stade national de Santiago jusqu’au 4 novembre. A cette date, nous avons été pris en charge par la Croix Rouge Internationale dans le centre d’accueil « Padre Hurtado »
Je suis arrivée en France, le 8 novembre 1973, en provenance du Chili, en tant que réfugiée politique.
J’ai poursuivi mes études à l’université de Paris VII (Jussieu) où j’ai obtenu les diplômes suivants :
- Maîtrise de psychologie clinique (1978) ;
- DEA d’ethnologie (1979) ;
- DEA d'histoire : connaissance du tiers monde, droit international - problématique des frontières (1980).
En France, j’ai eu différentes activités et responsabilités associatives.
- Présidente de l’Association Diffusion INTI (Information et documentation sur l’Amérique indienne).
- Directrice de publication du bulletin Amérique indienne.
- Secrétaire générale de l’association pour l’abolition des mutilations sexuelles des femmes et fillettes.
- Présidente fondatrice de l’association « Solidarité des femmes de France aux femmes de Palestine »
Ma vie militante s’est traduite également par mon engagement dans le processus de reconnaissance des droits des peuples autochtones des Amériques. Dans le cadre de la Commission des droits de l'Homme, j'ai participé au groupe de travail sur les peuples autochtones à partir de 1983 et au groupe de travail pour l’élaboration d’un projet de déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones depuis sa création en 1995.
J'ai participé à des colloques et des congrès sur les peuples autochtones et les droits des femmes en France et à l’étranger.
Je me suis engagée chez les Verts en 1991. Membre de la commission transnationale, je suis en charge du dossier des peuples autochtones. Je suis également membre des commissions féminisme et immigration.
Après avoir été déléguée au CNIR, j'ai été élue au collège exécutif en décembre 2006. J'ai été chargée de l'environnement, de l'agriculture, de la mer et de la santé.
En juin 2009 j'a été élue au Bureau du CNIR, dont je suis la viceprésidente.
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J'ai vécu dans des pays qui n'étaient pas des États de droit, mais des régimes d’exception, cela je ne l’ai pas choisi. De même, je n'ai pas choisi mes parents ni le lieu de ma naissance. J'aurais pu vivre avec ma carte de séjour et mon passeport de réfugiée politique le restant de ma vie. En effet rien dans ma vie de tous les jours, alors que j’étais réfugiée politique en France, ne m'a empêché d'avoir des activités associatives et d'adhérer aux Verts. Je suis une femme qui sait choisir, et j’ai choisi d'être citoyenne française.
C’est en France que mon engagement militant pour la reconnaissance des droits des « peuples premiers », mon combat contre le racisme et toute forme de discrimination à l’encontre des minorités, mon sens de la responsabilité à l’égard des générations futures et ma conviction d’œuvrer pour un monde juste, solidaire et digne se sont consolidés.